D’un point de vue structural, la commune de Plouzané appartient à l’ensemble physique appelé « Plateau du Léon » : c’est une surface relativement plate dont le manque de relief apparaît surtout au regard de la ligne d’horizon, car, dans la réalité, cette surface d’une altitude moyenne de 80 mètres, est entaillée de profondes et parfois larges vallées. Par ailleurs, elle est limitée au sud par une falaise abrupte qui constitue la rive nord du Goulet de Brest.
Le plateau du Léon est une pénéplaine, c’est-à-dire une surface d’érosion qui résulte de l’aplanissement d’une montagne ancienne, antérieure même aux ères géologiques (le Précambrien).
Dans le détail, de nombreux cours d’eau ont remodelé la topographie du plateau : d’une part, les ruisseaux tributaires de la rade qui, traditionnellement, portent le nom du village où ils prennent leur source, ainsi Dour an Dreinded, « le Ruisseau de La Trinité », qui coule dans la vallée de Sainte Anne, d’autre part l’Aber-Ildut et son affluent principal que les géographes nomment la « Rivière de Plouzané » bien que localement les appellations soient inversées puisque l’Aber-Ildut prend, dit on, sa source à la fontaine Meskopti à Locmaria tandis que la rivière aujourd’hui nommée Aber-Ildut n’est autrement désignée que par Dour Pont-Corff, « le Ruisseau de Pont-Corff », grossi du Dour Prad Pezell et du Dour ‘N Ospitalou, lequel est à l’heure actuelle artificiellement détourné vers la Penfeld.
La falaise se dresse comme une barrière d’une cinquantaine de mètres de hauteur entre la mer et la terre : son orientation est celle d’une grande faille empruntée par l’Elorn, aux temps lointains des glaciations quand la rivière rejoignait l’océan très à l’ouest. La mer, lors d’une ultime transgression, a envahi les zones basses, et depuis, l’attaque des vagues a retouché, sur une vingtaine de mètres, les versants de l’ancienne vallée fluviale. Une légende veut que ce soit un géant, Hok Bras, qui ait, d’un coup de pied, créé le goulet pour mettre en eau le bassin qu’il s’était creusé en trois jours, c’est-à-dire la rade de Brest !
Cette barrière rocheuse ne s’ouvre qu’au débouché des ruisseaux côtiers, là où de petites failles perpendiculaires à celle de l’Elorn ont provoqué des zones de faiblesse propices à une érosion marine, donnant ainsi le long du littoral plouzanéen une succession de « pointes » (beg) et de « grèves » (aod).