De Sainte-Anne du Portzic à Toulbroc’h, un chemin dit « des Douaniers » permet de suivre au plus près le littoral plouzanéen. La falaise rocheuse qui constitue la côte sur cette distance est peu propice aux activités humaines : pendant longtemps la population rurale de Plouzané n’a tiré de la mer que le goémon des grèves pour l’utiliser comme engrais et le sable du Minou comme amendement.
Par contre, elle a représenté un intérêt stratégique car elle permet de contrôler l’entrée dans la rade et l’accès au port de Brest. Chemin faisant, sous les broussailles envahissantes, apparaissent en effet, de temps à autre, des constructions anciennes qui témoignent du souci porté par le passé à assurer un tel contrôle.
Des époques reculées, de l’Antiquité, du Moyen Age, il ne reste que le souvenir de fortifications en terre aujourd’hui disparues mais rappelées par le toponyme kastell, « château », comme le « Castel Elbic » en tête du vallon du Guenny.
Vauban, au XVIIe siècle, fait construire le « château du Roy à Louagat », l’actuel Mengant ; il complète son dispositif de défense par l’installation de batteries à la Pointe du Diable et au Minou. En 1853, de nouvelles batteries sont installées au Dellec et dans le vallon du Mengant ; en 1896 encore, mais cette fois sur la falaise : à nouveau à proximité du Mengant, au Minou et à Toulbroc’h.
Enfin, entre 1940 et 1944, les Allemands vont fortifier tout le secteur en y disposant différents ouvrages bétonnés, repris et complétés par la marine française au lendemain de la guerre.
Aujourd’hui toute activité guerrière a pour ainsi dire disparu : la côte offre l’intérêt d’une belle ballade et de magnifiques panoramas, de la Pointe du Diable où IFREMER s’est installé sur un site aménagé à partir de 1968, à la Pointe du Minou où se dresse le phare construit en 1846.