Les premières manifestations d’une présence humaine sur l’actuel territoire communal remontent à l’Age de la Pierre. Il n’en reste à vrai dire que peu de souvenirs mais à lui seul, le biface en grès de style acheuléen trouvé du côté de Kerac’hor témoigne du passage d’un Homo erectus en ces lieux, au Paléolithique inférieur, durant l’avant dernière glaciation, il y a quelques 120 000 ans. Il faut ensuite laisser passer les millénaires et attendre le Néolithique pour retrouver de nouvelles manifestations d’une activité humaine : ce sont encore des outils de pierre mais d’une nouvelle facture communément appelés « haches de pierre polie », découverts ça et là par hasard dans les champs ; ce sont aussi quelques conceptions mégalithiques comme l’alignement de 8 menhirs de Coscastel, aujourd’hui disparu.
Les métallurgistes de l’Age du Bronze paraissent avoir exploité le minerai d’étain de la région de Saint-Renan : de leur passage, au second millénaire avant notre ère, il subsiste quelques tombes sous tumulus souvent repérables par des noms de champs composés de krugell, « terre », « butte ».
Vers l’an 500 avant J.-C, les populations celtes atteignent l’Armorique apportant avec elles l’usage d’un nouveau métal : le fer. C’est le début de l’Age du Fer qui voit se développer en cette extrémité de la péninsule armoricaine la civilisation des Gaulois osismiens ou Osismes. Ils nous ont, à leur tour, laissé quelques souvenirs : un souterrain-refuge, quelques urnes cinéraires et surtout un certain nombre de pierres taillées appelées stèles.
L’indépendance gauloise prend fin avec l’intervention des légions romaines au cours du 1er siècle avant J.-C. Une nouvelle civilisation nait alors : la civilisation gallo-romaine révélée ici et là par quelques découvertes archéologiques.
De ces époques reculées, les seules marques paysagères qui subsistent sont certains axes routiers qui innervent aujourd’hui encore l’espace communal. Sans doute, toutes ces voies dites « romaines » ne le sont pas réellement, mais l’une ou l’autre peuvent cependant rappeler des tracés antiques comme, par exemple, le chemin que suit un moment la limite nord de la commune, ou encore celui qui, de Pen ar Pont à Toulbroc’h, sépare Plouzané de Locmaria.
La mise en valeur de l’espace par des populations d’agriculteurs a dû commencer très tôt, des le Néolithique, mais il est bien difficile de connaître les états successifs du paysage au cours d’une si longue période. Peut-on encore envisager l’existence, au début de notre ère, d’un milieu resté naturel avec ses forêts et ses marécages, ou bien faut-il considérer que l’homme a déjà imprimé sa marque partout ? La question ne saurait trouver de réponse assurée.
Il est certain, par contre, que le Moyen Age qui débute aux alentours de l’an 500, va se conclure par la mise en place d’un paysage rural : les villages et les hameaux vont se multiplier, tels ceux d’un véritable « front pionnier », et les noms (ou toponymes) qui leur sont alors donnés, sont parvenus jusqu’à nous, ils nous renseignent aujourd’hui sur les principales étapes du défrichement.
La première se situe entre le Ve et le VIIe siècle et correspond à l’arrivée en Armorique des Bretons insulaires qui utilisent, pour désigner leurs nouvelles installations, des toponymes caractéristiques tels que lann, les et tre. : lann, « ermitage » se retrouve dans Landréan, Langoulian, Lannével, Lannilis et peut-être Lanrivinec ; les, « château », dans Lezavarn, Lesvézennec et Lesvizien ; tre, « village », dans Trébaoc, Trémaïdic, Trénen et Trévia.
La seconde étape prend toute son ampleur entre le XIe et XIIIe siècle avec l’essor démographique que connaît le monde occidental et les grands défrichements qui l’accompagnent. Les nouveaux établissements qui sont crées à cette époque sont facilement repérables à l’utilisation du mot ker, « exploitation », « hameau », dans l’élaboration du toponyme les identifiant : presque tous en effet datent de ce temps.
A la fin du Moyen Age, les documents d’archives, plus nombreux, nous permettent de connaître un peu mieux l’état de ce paysage rural. C’est encore largement un paysage « ouvert », qu’il s’agisse des terres labourables organisées en champs ouverts ou openfields, en breton mejou, ou qu’il s’agisse de terres vaines et vagues, sans doute des landes comme paraissent l’indiquer les termes génériques alors utilisés pour les désigner : lann, »ajonc », frost « terre inculte », etc.
Le bocage cependant, avec ses talus plantés, existe déjà et son importance va aller croissant au fils des siècles puisque les ultimes opérations de talutage, très ponctuelles il est vrai, ont eu lieu au lendemain de la 2è guerre mondiale, une vingtaine d’années seulement avant le début des opérations de remembrement.
Ce dernier, à Plouzané, n’a eu qu’une portée somme toute limitée car, à partir des années 1960, la commune n’envisage plus uniquement son avenir en termes d’agriculture. La ville de Brest qui s’agrandit, déborde sur les communes périphériques, c’est le début de la « rurbanisation », ce n’est plus exactement la campagne, ce n’est pas tout à fait la ville.