La e-Cité
Simple vue de l'esprit ?


Dimanche 15 Janvier 2006

Des conditions politiques et économiques favorables ont fait des XVe et XVIe siècles bretons une époque florissante : les monuments religieux construits ou reconstruits durant cette période en fournissent un témoignage ; il en est de même des logis seigneuriaux bâtis en grand nombre au cours de ces deux siècles. On a pu dire de la paroisse de Plouzané qu’elle fut, au début de l’Ancien Régime, une « terre d’élection des nobles », il n’est donc pas surprenant que leurs manoirs y aient été particulièrement nombreux.

Très tôt cependant, ces prestigieuses demeures rurales ont été abandonnées par leurs propriétaires partis habiter en ville ; elles ont alors été occupées par la paysannerie aisée, sans doute au prix de quelques modifications justifiées par leur nouveau statut d’exploitations agricoles roturières. Parfois elles ont purement et simplement disparu : ainsi le manoir de Lannével n’est plus que ruines en 1752.
Quelques exemplaires de cette architecture manoriale ont heureusement traversé les siècles et sont parvenus jusqu’à nous.

Coadénès est un imposant ensemble du XVe siècle. C’est peut-être le caractère impressionnant du logis-tour qui lui a valu le surnom de Ti an Diaoul, « la Maison du Diable », à moins que ce ne soit son emplacement, en position avancée, dans les marécages inquiétants de la « Petite Russie », ou encore la personnalité de ses occupants, les seigneurs de Coadénès, chargés par les moines de Saint-Mathieu de percevoir leur dîme détestée… Quoi qu’il en soit, la maison, dit on, a été construite par une bande de démons… en une nuit. L’un d’entre eux, plus lent que les autres parce que boiteux, n’eut pas le temps d’arriver avant l’aube pour placer sa pierre. Depuis, l’emplacement de cette dernière est resté vide car toutes les tentatives faites pour l’y mettre se sont soldées par un échec puisque la pierre retombe sitôt posée…

D’autres manoirs des XVe et XVIe siècles, plus ou moins modifiés, existent encore à Allégot, à Poncelin, à Kerandantec et à Kerlembars. Au Névent, la construction parait plus récente. Le « château » de Kérangoff n’est qu’une grosse maison bourgeoise de la fin du XIXe siècle.

Publié par Gaëlle à 12:00 · Pas de discussion dans l'Agora ·
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