Ils sont d’importance inégale mais tous manifestent la volonté de sacraliser l’espace par le signe chrétien.
Il y a d’abord l’église paroissiale au bourg de Plouzané. Elle serait construite à l’emplacement d’un temple « païen » sanctifié par Sané, le fondateur de la paroisse.
Les récits populaires et la tradition hagiographique font de ce personnage un saint évêque irlandais. La critique historique, plus circonspecte, reconnaît cependant en lui l’organisateur quasi inconnu de la première communauté de fidèles, la ploue, arrivée de Bretagne insulaire entre le Ve et VIIe siècle. Avec le temps, la ploue de Sané est devenue Plouzané.
L’église actuelle date de la fin du XVIIIe siècle, elle a elle-même succédé à un édifice plus ancien que les textes de l’époque font remonter au début du XVe siècle. Elle a été construite sur les plans de Pierre Besnard, ingénieur des Ponts et Chaussées à Landerneau. Les plouzanéens d’aujourd’hui reprochent volontiers à l’architecte son manque d’ambition dans le traitement de la flèche qu’ils trouvent peu élancée, comme terminée à regret…Ils ne doivent pas lui en vouloir, c’est le roi Louis XVI, «en son conseil » qui n’a pas souhaité qu’on dépense outre-mesure pour un chantier comme celui-ci !
La présence de nombreuses stèles gauloises à la Trinité suggère l’ancienneté d’un culte rendu en ces lieux. Pourtant le toponyme paraît être une création tardive du Haut Moyen Age et la chapelle, par certains détails architecturaux, ne semble pas remonter au-delà du XIVe siècle. Si la plus grande partie de l’édifice en fait une construction du XVIe siècle, le clocher a été rebâti après sa destruction lors des combats de 1944.
Tout le mobilier de la chapelle a été détruit dans les mêmes circonstances : il s’y trouvait pourtant un crucifix en bois, « l’une des plus belles figures du Christ que possédaient les églises léonardes ».
La chapelle de Bodonnou (Botgoueznou en 1505) serait une construction du XVe siècle, parvenue jusqu’à nous au prix de nombreux remaniements. L’un de ceux-ci, en 1828, a réduit la longueur de la chapelle : ainsi l’arc qui apparaît dans le mur absidial, sous le curieux clocher à deux flèches, marquait à l’origine la séparation de la nef et du chœur. A l’intérieur, on peut voir, entre autres éléments mobiliers, une Vierge à l’Enfant en kersanton polychromé. Elle repose sur un socle qui porte une inscription, M : V : QUILBIGNO., et une roue à 5 rais, symbole de sainte Catherine d’Alexandrie. Un document de 1534 nous donne, vivant alors à Coadénez, un maître Yves Quilbignon, et donc, par voie de conséquence, une datation pour la statue.
Les croix de chemin sont souvent dressées dans les carrefours pour assurer la sécurité des passants en ces lieux qui, de tous temps, ont été considérés comme dangereux, sachant bien entendu que le danger en question ne représente pas les mêmes caractères aujourd’hui que hier… Quelques unes de ces croix qui ponctuent l’espace tant physique que de l’imaginaire, sont médiévales. Beaucoup datent des XVIe et XVIIe siècles, les dernières furent érigées lors des « missions » des XIXe et XXe siècles. Elles portant parfois un nom qui leur est propre, comme Kroaz Alanig à Kérivizin ou Kroaz ar Gac à Kerandantec.
Il arrive qu’il y ait des traditions à leur propos, ainsi au sujet de la Kroaz Saliou : saint Sané aurait eu, dit on, l’intention première de bâtir son église en ce lieu, mais les matériaux qu’il y fait accumuler chaque jour sont miraculeusement transportés la nuit suivante à l’emplacement de l’actuelle église paroissiale. Devant de tels prodiges qui ne font que traduire la volonté divine, Sané se serait alors résolu à bâtir son église à l’endroit indiqué, mais pour garder le souvenir de son projet initial, il aurait fait dresser la Croix Saliou.